100 activistes bloquent l’activité de Liege Airport

Stop à l’extension de Liege Airport :
une action de blocage menée par Stop Alibaba & Co

Ce lundi 7 février, une centaine d’activistes bloquent la centrale à béton à Bierset. En arrêtant la machine qui alimente les chantiers de l’aéroport, le mot d’ordre est clair : Stop à l’extension de Liege Airport. 

En effet, cette extension participe d’une fuite en avant suicidaire d’un point de vue environnemental et désastreuse d’un point de vue social et économique. Pour rappel, le permis d’exploitation de l’aéroport de Liège arrive à échéance en 2023. Alors que l’étude d’incidences environnementale pour l’octroi de ce futur permis n’est pas clôturée, les permis d’urbanisme sont distribués au compte-goutte autorisant dès maintenant l’extension de Liege Airport.

En l’absence d’une réaction politique à la hauteur de la situation, nous prenons les choses en main : mettre à l’arrêt le lieu où s’alimentent les chantiers de l’aéroport liégeois.

Notre communiqué de presse

Retrouvez les photos et vidéos de la journée en cliquant ici
Retours presse :

Comment soutenir l’action ?

En parallèle de cette action, le Front Stop Alibaba&Co donne rendez-vous également à tout le monde à la Brasserie Sauvenière (Liège) à partir de 12h. Un rassemblement est organisé à 18h place Xavier Neujean.

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L’extension de Liege Aiport est
un contre-sens environnemental et social

CLIMAT – SANTE – TRAFIC ROUTIER – ENVIRONNEMENT & BIODIVERSITE – ECONOMIE LOCALE – EMPLOI – DEMOCRATIE ET DROITS HUMAINS

POLLUTION

Le kérosène, mélange d’hydrocarbures extrêmement polluant, est indispensable au fonctionnement de Liege Airport et l’alimentation des avions qui y transitent. Entre 2019 et 2020, son débit avait déjà augmenté de plus de 20%. Aujourd’hui, c’est pas moins de 750 millions de tonnes injecté à Liege Airport au moyen d’un pipeline incapable d’assouvir l’appétit dévorant de l’aéroport, et dès lors renforcé d’une trentaine de camions journaliers. Pour rendre les choses palpables : cela revient à faire 1000 fois le tour du globe en voiture, pour une consommation de 5L au 100 km.

À cette explosion d’hydrocarbures, les activités de Liege Airport ont émis près de 2 millions de tonnes de  CO₂ dans l’atmosphère. Chiffre glaçant, ici équivalent à l’ensemble des émissions de  CO₂ de la seule Province du Brabant wallon d’après Pierre Ozer, climatologue et professeur de géographie à l’ULiège. D’ici 30 ans, l’aéroport émettra autant que l’ensemble de la Wallonie. Comment encore pousser les consommateurs à une mobilité douce, à une consommation raisonnée ou aux douches courtes quand bientôt un seul outil économique réduira à néant tous les efforts wallons ?

Exigeons que ces chiffres et ses activités doivent être pris en compte dans l’étude d’incidences environnementale préalable au renouvellement du permis d’exploitation de Liege Airport (échéance en 2023). Exigeons ! Car oui, ça ne semble pas aller de soi : les gaz à effet de serre et les émissions de  CO₂ ne figuraient pas dans la précédente étude « environnementale » !

ARTIFICIALISATION DES SOLS

Le sol est une ressource non-renouvelable ! L’extension de Liege Airport, c’est l’artificialisation de 350 hectares, 3,5 km² : plus ou moins 500 terrains de football !

L’artificialisation des sols a des conséquences dramatiques. C’est une atteinte à la biodiversité, au potentiel de production agricole et de stockage de carbone.

Parlons clairement de la perméabilité des sols et du ruissellement des eaux. Un sol recouvert d’infrastructures et de béton est un sol qui n’absorbe plus les eaux, qu’elles viennent de pluies ou du nettoyage des pistes et des avions. Dans le cadre de la gestion des eaux, les bassins d’orage se multiplient dont l’un est en cours de construction au nord de l’aéroport. Il jouera le rôle de tampon en stockant des eaux désormais non absorbées par le sol et qui ne parviendront pas aux nappes phréatiques. Ces eaux, un temps stockées dans ces bassins, sont libérées progressivement dans les égouts qui filent à leur tour remplir les cours d’eau de la vallée liégeoise.

L’artificialisation des sols dérègle le cycle naturel de l’eau ! Les nappes phréatiques ne se remplissent plus, les cours d’eau eux beaucoup trop vite.

FINANCEMENT & EMPLOI

En 20 ans, 1,24 milliard a minima de fonds publics ont été injectés dans le fonctionnement et les infrastructures aéroportuaires de Bierset1Révélé par l’enquête d’Imagine Demain Le Monde.

Argument exploité à coup de massue : Liege Airport pourvoyeur d’emplois en Wallonie. Oui, on peut le dire précaires ou non. Toutefois, cela mériterait une étude poussée sur les conséquences des emplois du bassin liégeois et ailleurs. Des études ont montré par exemple qu’1 emploi créé chez Amazon, c’est 2,2 emplois perdus dans d’autres secteurs comme l’indique Mounir Mahjoubi, ancien ministre français du numérique. Aujourd’hui, certains osent aller jusqu’à 8 emplois perdus.

La mondialisation met en concurrence les entreprises, les travailleurs et travailleuses du monde entier. Plus clairement, nos commerces locaux sont mis au banc du marché mondial.

Nous pourrions également pointer du doigt le recours à des techniques managériales brutales et déshumanisantes, guidées par des objectifs poussés de maximisation des résultats. Surveillance permanente, gestes répétitifs, cadences infernales, perte d’autonomie, seraient ainsi symptomatiques des méthodes de travail ultraproductivistes développées au sein des entrepôts logistiques, où le recours généralisé à l’emploi intérimaire et le niveau élevé de turnover, d’accidents et de maladies professionnelles sont régulièrement dénoncés et suscitent des mobilisations syndicales, d’après Lefèvre & Wiart.

On ne devrait plus débattre sur la création d’emplois alors qu’on nourrit un secteur en inadéquation avec les enjeux climatiques et sociaux actuels. D’autres secteurs hautement pourvoyeurs d’emplois plus durables existent et mériteraient un soutien massif de la Région wallonne.


Alors que le développement aéroportuaire est mis en cause dans de nombreux pays et à l’échelle internationale, la Wallonie surfe donc à contre-courant écologique et social en investissant massivement dans une infrastructure destructrice pour l’environnement et aux retombées économiques douteuses, notamment en termes de quantité et de qualité des emplois.  

L’extension de Liege Airport est un choix posé délibérément contre les enjeux climatiques et sociaux d’aujourd’hui et de demain. Les décisions que nous prenons maintenant auront des conséquences pour les générations à venir. Nous n’avons plus le temps pour des demi mesures. En s’opposant à ce projet, Stop Alibaba & Co souhaite défendre des projets durables, des emplois de qualité, la santé et le bien-être des citoyen.nes.

Investissons l’avenir autrement, entrons dans une dynamique viable et respectueuse du vivant. 

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