Des plaintes trop nombreuses pour être entendues par la SOWAER ?
Il y a quelques jours, nous publions dans la presse1https://www.dhnet.be/regions/liege/2025/01/23/nuisances-sonores-a-liege-airport-dix-fois-plus-de-plaintes-en-2024-3RS6XHMRVJFZVIKV2EUHAZWCLU/ sur le nombre de plaintes liées aux nuisances sonores de Liege Airport provenant de notre application2https://stopalibaba.com/15-000-plaintes-en-2024-contre-les-nuisances-de-liege-airport/. Suite à la défense de la SOWAER qui promet un système aussi transparent et fiable que possible3https://www.dhnet.be/regions/liege/2025/01/24/nuisances-sonores-minimisees-a-liege-airport-plusieurs-emails-de-plaintes-auraient-ete-identifies-comme-potentiellement-frauduleux-DRSK64N74ZGA5AUDUTPPECUZOU/, nous pouvons raisonnablement douter que cette dernière ainsi que la Région wallonne souhaite réellement prendre conscience de la situation vécue en région liégeoise.
Alors que les militant·es de Stop Alibaba&Co ont voulu combler une lacune des services publiques en créant un formulaire simplifié de plainte, la SOWAER préfère ignorer cette initiative au lieu de la considérer comme une aide précieuse. En effet, depuis quelque temps, la SOWAER ne prend plus en compte les plaintes envoyées depuis notre outil en ligne. La raison est non pas parce qu’elles seraient infondées ou irrecevables. Elles seraient tout simplement trop nombreuses. Ainsi, plutôt que de voir cette affluence comme un reflet fidèle de l’ampleur du problème causé par Liege Airport, elle préfère fermer les yeux sur celui-ci.
La réponse de la SOWAER nous amène néanmoins quelques éléments intéressants.
Une augmentation des nuisances, reconnue par la SOWAER elle-même
Selon les propres chiffres parcellaires de la SOWAER, les nuisances liées aux aéroports wallons sont en augmentation. Ainsi :
- De plus en plus de personnes s’en plaignent: le nombre de plaignant·es « officiel » a augmenté, passant de 261 personnes à 284 personnes en deux ans ;
- Les personnes touchées le sont de manière de plus en plus importante : le nombre total de plaintes est également en hausse ;
- Les zones impactées s’agrandissent : la majorité des plaignant·es réside en dehors des zones de bruit officiellement reconnues.
De plus, nous pouvons raisonnablement supposer que nos deux outils sont sous-utilisés et que le nombre réel de personnes subissant ces nuisances est bien plus élevé que ce que nous sommes en mesure de quantifier. Il y a plusieurs raisons à cela : la complexité des formulaires à remplir, une mauvaise connaissance des possibilités de plaintes ou même des impacts que le bruit peut avoir sur la santé ainsi qu’une méfiance, un fatalisme et un découragement face à l’inertie du système.
Sur ce dernier point, nous voulons alerter les responsables politiques. En effet, lorsqu’on empêche les citoyen·nes d’exprimer leurs doléances ou que celles-ci ne sont pas prises en compte, cette situation renforce le sentiment de défiance envers les institutions. Il est alors facile de tomber dans le « tou·tes pourries ».
Qui peut faire quoi ?
Citoyennes et citoyens
- Prenons notre courage à deux mais et envoyons, ne fusse qu’une seule fois par an, une plainte via le formulaire officiel (voir ici)
Selon la SOWAER, une plainte unique mais d’une personne différente a plus de poids que mille plaintes d’un seul individu.
- Expliquons à nos ami·es, notre famille, nos voisin·es comment porter plainte. Soyons ainsi de plus en plus de plaignant·es
Utilisons également notre temps à convaincre autour de nous. Pour cela, nos stickers et affiches sont téléchargeables ici.
- Ensuite, soit continuons à utiliser le formulaire de la SOWAER ; ou soit passons sur celui de Stop Alibaba&Co pour plus de facilité
En effet, les données collectées (15 500 plaintes en 2024 rappelons-le!) restent précieuses pour Stop Alibaba&Co afin de mener des actions et plaider en faveur des riverain·nes.
- Interpellons nos élu·es locaux
Demandons-leur les données sur les nuisances sonores propres à notre commune ainsi que le nombre de plaintes. Et exigeons qu’iels prennent des mesures officielles des nuisances (sonomètre, pollution des sols, qualité de l’air, etc.).
La SOWAER
- Simplifiez votre formulaire
Une petite équipe de bénévoles ne devrait pas être obligée de faire le travail qui incombe à un service public.
- Prenez au minimum nos plaintes en compte
Si celles-ci arrivent effectivement dans vos courrier spam, il est très facile de les remettre dans votre boite principale. Il s’agit ici d’un argument technique irrecevable.
- Face au nombre croissant de plaintes, recrutez davantage de personnel pour les traiter correctement
- Nous demandons également qu’un organisme public indépendant de votre mission de développement des aéroports traite ces plaintes
A ce titre, il existe une « Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires en Région Wallonne », apparemment fantôme puisque un avertissement sur la page d’accueil signifie qu’il n’y a plus d’attaché permanent (pour en savoir plus, ici).
Elu·es politiques locaux
- Demandez à la SOWAER les données propres à votre commune concernant les plaintes
- Exigez à installer des sonomètres sur votre territoire
Vous pouvez déjà disposer gratuitement de deux sonomètres pour votre commune pour une durée de 14 jours.
Elu·es politiques régionaux
Interpelez la ministre en charge pour qu’elle :
- Mette en place des mesures concrètes afin de diminuer ces nuisances ;
- Étende le plan d’exposition aux bruits ;
- Garantisse un véritable suivi indépendant des plaintes ;
- Revoit la séparation des pouvoirs ;
La SOWAER supporte à la fois la mission de législation, proposant les normes de bruit, de développement des aéroports, mais aussi de contrôle des nuisances. De plus, somme du ridicule, in fine fait infliger des amendes pour ces nuisances à la Région Wallonne qui subit les condamnations en série, totalisant plusieurs centaines de millions d’euros de dédommagement.
- Établisse des indicateurs reflétant les niveaux de bruits recommandés par l’OMS.
