Réaction aux dernière manœuvres politiques et médiatiques de l’aéroport de Liège dans le dossier du renouvellement de son permis d’exploitation

« Stop au lobbying antidémocratique de Liège Airport ! Pour un débat transparent, équitable et dans l’intérêt de toute la population, actuelle et future »

Nous entrons dans la dernière ligne droite concernant le renouvellement du permis d’exploitation de l’aéroport de Liège. Après avoir analysé les nombreux recours introduits contre la première version, publiée le 26 août 2022, les fonctionnaires wallons ont fait une nouvelle proposition. La balle est désormais dans le camp du gouvernement wallon, et en particulier des ministres Tellier et Borsus.

Un traitement de faveur injustifiable

Dans ce contexte, nous sommes révoltés de constater l’asymétrie de moyens politiques et médiatiques dont disposent les partisans de l’extension de l’aéroport pour faire pression sur la décision finale. La semaine dernière, en marge de la manifestation syndicale qui reprenait déjà – à notre grand regret – les arguments fallacieux de l’aéroport concernant les menaces que le nouveau permis ferait peser sur l’emploi, des représentants de la direction de Liège Airport, ainsi que de la compagnie ASL et du conseil européen des aéroports étaient également reçus en catimini par le Gouvernement wallon !

Face à ce traitement de faveur difficilement justifiable, Stop Alibaba & Co et le comité de riverains le CLAP ont demandé à être reçus dans les mêmes conditions, mais à ce jour nous n’avons toujours pas reçu de réponse. Pourtant, si nous n’avons évidemment pas la capacité de mobilisation des syndicats ni l’influence du lobby aérien, nos revendications sont loin d’être minoritaires, comme en témoignent les milliers de personnes qui ont participé à notre manifestation en septembre dernier ou les milliers de signatures reçues pour notre pétition et déposées au Conseil communal de Liège il y a quelques semaines.

Des relais médiatiques complaisants

Ce 18 janvier, nous découvrons par ailleurs dans la presse (L’Echo), une nouvelle interview du CEO de l’aéroport de Liège dans laquelle ce dernier a (encore une fois) tout le loisir de déployer son chantage à l’emploi grotesque, hypocrite et criminel, sans contradiction. Le message de M. Jossart est on ne peut plus clair : « laissez-nous faire tout ce que nous voulons, ou les entreprises – à commencer par FedEx – partiront ». M. Jossart affirme ainsi qu’il « ne veut pas » d’une limitation des vols parce qu’il veut « laisser faire le marché », une déclaration lunaire quand on sait à quel point « laisser faire le marché » est précisément ce qui nous envoie directement dans le mur climatique depuis des décennies.

Plus loin dans l’interview, il se paye même le luxe de relayer, non plus uniquement le chantage à l’emploi de FedEx (une entreprise qui, pour rappel, a déjà délocalisé un tiers de ses activités il y a seulement un an), mais aussi ses menaces de poursuites judiciaires ! Il évoque en effet l’accord conclu en 1996 entre la Région wallonne et (à l’époque) TNT, qui promettait à ce dernier « un nombre illimité de mouvements de jour et de nuit et un aéroport ouvert H24 ». Selon M. Jossart, « Si le permis limite tout cela et pousse FedEx à se délocaliser, il y a un risque contractuel. FedEx pourrait réclamer des indemnités en compensation des 200 millions de dollars investis dans le hangar et des 1.350 personnes à licencier ».

Menaces indécentes

On ne jugera pas ici de la légalité de ces menaces. On en soulignera simplement l’indécence, quand on sait que FedEx-TNT a bénéficié jusqu’ici d’un environnement réglementaire on ne peut plus favorable qui lui a permis d’engranger de juteux profits, sans jamais devoir assumer les conséquences environnementales ou sanitaires de ses activités. Car c’est bien avec de l’argent public que certaines nuisances sonores ont été compensées (imparfaitement) à coup d’expropriation et d’insonorisation, pour un coût qui se chiffre en centaine de millions d’euros à charge des contribuables, sans tenir compte des coûts indirects ou de ceux qui ne peuvent être calculés.

Il est déjà suffisamment enrageant de devoir subir ces chantages et ces menaces dans un contexte d’urgence climatique où l’humanité joue rien de moins que sa survie. Que ceux-ci trouvent en outre un écho médiatique et politique démesuré nous fait réellement douter de la probité et du caractère démocratique de nos institutions. Nous en appelons à un sursaut de toutes les parties concernées pour garantir – a minima – un minimum d’équité dans les débats, ainsi que (on peut rêver) une réelle prise en compte de l’intérêt général, au-delà des inévitables et légitimes divergences d’intérêt et de point de vue. Il en va de l’avenir de notre région, et celui-ci mérite mieux que les jeux d’influence et les manipulations auxquels nous assistons depuis quelques semaines.

3 thoughts on “Réaction aux dernière manœuvres politiques et médiatiques de l’aéroport de Liège dans le dossier du renouvellement de son permis d’exploitation”

  1. Bonjour,

    Il est a remarquer, ce qui n’est jamais réalisé , que dans l’interview de l’Echo certaines phrases assassines sont en caractère gras ( quelle éthique )
    Ensuite Mr Jossart est d’une manipulation honteuse  » Le nombre de vols de nuits a diminué de 50% en dix/20 ans  » Ouais, ouais mais c’était des coucous que même le fils de Carlos Goshn ne voudrait pas.
    Honte sur Toi Jossart

  2. Marie BOURLET

    Bonjour, Etant une voisine très proche de l’aéroport de Berset, (j’habite Mons les liège !!!! ) je peux témoigner non seulement du niveau de bruit nuit et jour, décollage/ atterrissages de plus en plus nombreux. J’ai de plus en plus de difficultés à dormir, je suis dans un état de fatigue anormale quand je dois me lever…… d’autre part, j’ai constaté que le moindre récipient d’eau laissé dan le jardin prend très vite la couleur rouge du kérosène (dégazage des avions). J’ai pris conscience que notre environnement devient de plus en plus toxique.
    j’ai de gros problèmes respiratoires depuis que je vis ici….
    Mon fils ainée a travaillé pour TNT, Je puis témoigner que la garanti des emplois est une illusion. on lui téléphonait n’importe quand, le jour la nuit pour faire quelques heures. Il ne pouvait pas prendre d’autres engagements, il devait être toujours disponible !!!! Rien ne venait combler les vides entre deux prestations. ça me faisait penser à de l’esclavage.

  3. Comment un dirigeant de la Région a-t-il osé garantir un nombre de vol illimité 24/7 pour l éternité ? Comment certains dirigeants syndicaux ont-ils osé y ajouter la paix sociale?
    Qui se soucie de nous, citoyens contribuables?

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