Pourquoi Nous Luttons

Contre l’arrivée d’Alibaba à Liege Airport & l’extension de l’Aéroport

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Qui est Alibaba ?

Visuel présentant les différentes filiales du groupe Alibaba

La plateforme de commerce en ligne Alibaba a été fondée par l’homme d’affaire chinois Jack Ma en 1999. Souvent comparés, Alibaba domine aujourd’hui avec Amazon le secteur de l’e-commerce avec, respectivement, 13 et 14 milliards de dollars de bénéfices entre mars 2019 et 2020.

Alibaba group ne se limite pas à des sites de commerces en ligne mais propose aussi de nombreux services dans l’électronique, le cloud, le paiement en ligne, la géolocalisation, la communication, l’intelligence artificielle, le divertissement ou encore la santé…

Il s’agit donc d’un immense écosystème dédié au commerce électronique qui touche à tous les domaines de la vie de ses clients.

Alibaba à Liège ?

Le groupe Alibaba a choisi Liege Airport pour y implanter sa filiale logistique Cainiao et en faire ainsi son premier hub1Les hubs servent de relais – les marchandises y sont déchargées, triées puis expédiées directement vers les destinataires. européen. Au même titre que Hangzhou, Kuala Lumpur, Dubaï ou Moscou, Liège a été choisie pour sa position idéale -au cœur de l’Europe- mais également car Liege Airport est encore l’un des rares aéroports à autoriser les vols de nuit.

A terme, les entrepôts de Cainiao devraient occuper une surface de 380 000 m2.  Pour les Liégeoi·ses, cela équivaut à onze fois la surface de la clinique Mont Légia ou encore à la superficie du quartier Outremeuse.

L’accord avec le géant chinois a été officiellement signé à Liège le 5 décembre 2018 par le CEO de Liege Airport, Luc Partoune, la Région Wallonne et le Gouvernement Fédéral belge.

En quoi l’implantation d’Alibaba à Liège
est une mauvaise nouvelle ?

L’établissement d’Alibaba à Liège va augmenter considérablement les volumes de marchandises transportés depuis la Chine et vers les destinataires partout dans le monde. Pour traiter ces marchandises, davantage d’avions et de camions seront nécessaires mais également davantage de surfaces dédiées aux entrepôts. Ce développement intense des activités sur le site de l’aéroport aura un impact certain sur les citoyen·nes, l’environnement et la biodiversité, à l’échelle locale et globale. 

Pour autant, ce projet a été imposé sans information préalable des citoyen·nes et, à l’heure actuelle, aucune étude d’incidence globale n’a été menée pour rendre compte de l’ampleur de ces impacts. Des questions se posent également quant au coût qui serait supporté par la collectivité (nouvelles routes, soins de santé, etc.) au profit d’une entreprise privée qui créerait peu de valeur localement.

Climat

Le trafic routier induit par les activités de l’aéroport ainsi que la consommation de kérosène par les avions émettent de nombreux polluants. Parmi ces derniers, le CO2 et les oxydes d’azote sont reconnus pour altérer la composition de l’atmosphère et participer au réchauffement climatique. D’ici 2050, les émissions de CO2 de Liege Airport pourraient être supérieures aux émissions de tout le reste de la Wallonie2 https://plus.lesoir.be/267334/article/2019-12-17/chaque-annee-le-transport-aerien-partir-de-la-wallonie-emet-autant-de-co2-que. De quoi annuler tous les efforts  ambitieux engagés par la Wallonie dans la lutte contre le changement climatique.

Santé

Pollution de l’air

Le trafic routier induit par les activités de l’aéroport ainsi que la consommation de kérosène par les avions émettent de nombreux polluants impactant la qualité de l’air.

Parmi ces derniers, les oxydes d’azote et les particules (ultra)fines sont tenus responsables de milliers de décès prématurés en Belgique (1600 décès en Belgique imputés au dioxyde d’azote en 2016).

Nuisances sonores

Le développement des activités de fret impliquent des vols d’avions cargo gros porteurs, plus bruyants, et qui sont amenés à voler de jour comme de nuit. Les bruits engendrés par ces vols de nuit nuisent gravement à la santé des citoyen·nes au-delà des communes voisines de l’aéroport. La dégradation de la qualité du sommeil ainsi que le stress augmentent les risques cardiovasculaires et de dépression.

Trafic routier

« L’arrivée d’Alibaba induira 1500 camions supplémentaires chaque jour sur les routes », a déclaré Luc Partoune (ex-CEO de Liege Airport) en janvier 20193https://www.lalibre.be/regions/liege/alibaba-a-bierset-on-va-atteindre-2-000-camions-par-jour-5c4c30707b50a60724ff81c9. Alors que le Plan Urbain de Mobilité de Liège prévoit déjà une sursaturation du réseau routier à l’horizon 2030 sans considérer l’arrivée d’Alibaba, l’augmentation du trafic de camions annoncée ne vient que renforcer et précipiter le risque de congestion.

Ces prévisions font également craindre que des projets de nouvelles liaisons (auto)routières voient le jour parmi lesquels le très décrié projet de liaison CHB.

Environnement
& biodiversité

Artificialisation des sols

Les entrepôts d’Alibaba à Liège occuperont une surface de 380 000 m².  Pour les Liégeoi·ses, cela équivaut à la superficie d’Outremeuse ou à onze fois la superficie du Mont Légia. Alors que la Wallonie a fixé le « Stop Béton » pour 2050 -soit l’arrêt des procédés d’artificialisation des sols- l’expansion de l’aéroport de Liège va artificialiser d’importantes quantités de terre.

L’imperméabilisation des sols perturbe notamment les processus d’infiltration et d’écoulement des eaux et menace la biodiversité locale. De plus, dans une région pourtant connue pour ses sols fertiles, la destruction de terres arables est un péril pour notre souveraineté alimentaire présente et future.

Surconsommation et déchets

Entre 2017 et 2019, le nombre de colis issus du commerce électronique qui a transité par Liege Airport est passé de 384 mille à 362 millions.

Surconsommation, achats compulsifs (impliquant des retours), suremballage, produits de faible qualité à bas prix… l’e-commerce est loin du mode de consommation raisonnée et durable qui devrait être prôné. Cela va même plus loin puisque des tonnes de produits “neufs” sont souvent détruits pour éviter les frais de stockage.

Economie locale

Alibaba et l’e-commerce sont une menace pour nos petits commerces locaux.

Les géants de l’e-commerce sont responsables de concurrence déloyale et mettent en vente des produits à prix très (très) bas avec lesquels ne peuvent rivaliser les producteur·trices et les commerçant·es locaux·ales. Ces produits vendus sur les plateformes en ligne sont en majorité des biens de faible qualité fabriqués en quantité massive en Chine.

Par ailleurs, les multinationales de l’e-commerce telles qu’Alibaba ou Amazon sont accusées de favoriser les fraudes massives à la TVA. Il est ainsi estimé que le montant global de la fraude à la TVA dans l’e-commerce s’élève à 4 à 5 milliards d’euros en 2019 (dont 1 milliard pour Amazon uniquement). 

Les géants de l’e-commerce abusent de leur position dominante pour s’imposer et écraser toute concurrence.

Entre 2007 et 2018, les géants de l’e-commerce ont détruit 81 000 emplois en France. On estime que chaque emploi créé par ces entreprises en détruit deux dans les petites et moyennes entreprises (PME).

Emploi

Depuis l’annonce de l’arrivée d’Alibaba à Liège, les partisans du projet mettent en avant la création d’emplois. Cependant, un sérieux doute quant au nombre et à la qualité de ces emplois est permis4https://gresea.be/Arrivee-d-Alibaba-a-Liege-cadeau-pour-l-emploi.

Incertitude sur le nombre et la pérennité des emplois

Tout d’abord, il n’est pas assuré que le nombre d’emplois annoncé va effectivement se concrétiser. Parmi les différentes déclarations, les chiffres restent vagues et conditionnés à une première phase de lancement du projet.

Ensuite, la pérennité de ces emplois est menacée par l’automatisation croissante du secteur de la logistique, et particulièrement de l’e-commerce.

Le secteur fait aussi fréquemment appel à des contrats précaires (intérimaires ou de courte durée) qui créent de l’incertitude sur la durée d’emploi des travailleur·ses.

Enfin, les emplois créés dépendent des activités de la multinationale Alibaba et sont facilement délocalisables au gré des intérêts et de la stratégie du groupe.

Incertitude sur la qualité des emplois créés

On sait aussi que les conditions de travail dans la logistique sont difficiles et usantes pour les corps.

Les travailleurs effectuent majoritairement un travail physique et sont soumis à des contraintes de rapidité et de flexibilité croissantes. La main d’œuvre de l’e-commerce en particulier est soumise à des cadences infernales (weekend et nuit compris) afin d’assurer l’acheminement des marchandises partout dans le monde en des délais records.

Aussi, les pratiques de management employées par le géant chinois ainsi que par d’autres multinationales de l’e-commerce sont interpellantes. La culture du « 996 » (9h du matin à 9h du soir, 6 jours par semaine) ou encore le tracking des employés sont des exemples de pratiques inhumaines et dégradantes pour les ouvrier·es de l’e-commerce.

Bien que la législation belge reste assez stricte par rapport aux pays voisins, la tendance actuelle est néanmoins de pousser à la flexibilité du travailleur·euses Certes, Alibaba devrait se plier aux exigences légales dans un premier temps mais pourrait surtout, avec les autres entreprises logistique, faire pression pour continuer à tirer vers le bas les conditions de travail et imposer une flexibilité forcée.

Démocratie et droits humains

L’accord qui lie Alibaba à la Région Wallonne et à l’état belge a été négocié dans la plus grande discrétion, si bien que nous sommes en droit de nous inquiéter de ce qu’il implique exactement.

En plus de l’implantation de la filiale Cainiao à Liège, nous savons que cet accord belge s’inscrit dans un vaste programme lancé par Alibaba qui consiste à soutenir et appuyer les acteur·rices -privés et publics- désireux·ses de développer le commerce électronique à l’échelle internationale.

Est-ce que cela implique une dépendance pour le développement numérique et commercial de la Belgique vis-à-vis de la multinationale chinoise?

Nous regrettons également de manque de transparence de nos dirigeants sur le coût qui sera assumé par les citoyen·nes : pour les aménagements des axes routiers supplémentaires ou pour l’installation d’infrastructures anti-bruit par exemple.

Enfin, nous sommes interpellés que la venue d’Alibaba en Belgique soit ainsi célébrée sans même remettre en question les nombreuses atteintes aux droits humains perpétrées par le géant chinois. Exploitation des travailleurs, camps de travail, menace de la vie privée, persécution de minorité religieuse… autant d‘insultes aux valeurs de notre démocratie.

Fin 2020, la filiale Alibaba Cloud a utilisé son logiciel de reconnaissance faciale pour aider à la surveillance des Ouïghours, minorité fortement réprimée par l’État chinois.

Pourquoi s’opposer également à l’extension de Liege Airport ?

Si nous attirons ici l’attention sur les effets néfastes induits par l’implantation d’Alibaba à Liège, ces derniers sont imputables à tout projet d’extension et de développement des activités de Liege Airport.

Soulignons l’ambition assumée de l’aéroport de s’imposer comme 1e aéroport de fret européen. Liege Airport n’a en effet pas attendu l’arrivée d’Alibaba pour développer de manière exponentielle ses activités – notamment celles liées à l’e-commerce.  Ainsi, en 2020, l’aéroport a célébré son record du 1 million de tonnes de marchandises.  En cinq ans, le kérosène consommé par l’aéroport a presque doublé.  Liege Airport est l’aéroport qui connait la croissance la plus rapide d’Europe depuis plusieurs années. 

Retrouvez des informations et arguments plus détaillés sur le site du collectif Watching Alibaba
www.watchingalibaba.be/pourquoi et dans leur brochure Fuite en avant logistique.

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