Camions vu du ciel logistique

Les chauffeurs routiers également sous pression par les grandes plateformes

L’enquête »Investigation » de la RTBF a récemment réalisé un reportage sur un des pans de la logistique : le transport routier et ses camionneur·euses. De quoi renforcer notre opposition à Alibaba & son monde à Liège et ailleurs !

Nous refusons ce monde !

Stop Alibaba&Co refuse le monde que veulent nous vendre les promoteurs de l’e-commerce et du tout-à-la-logistique. Nous voulons que l’argent public soit utilisé pour créer des emplois sûrs, émancipateurs, avec des bonnes conditions de travail, pour que chacun·e puisse vivre dignement sa vie. Nous refusons que nos responsables politiques gaspillent nos impôts à attirer des « géants » privés, tels que Alibaba, ou fuient leur responsabilité devant leurs travers.

Aperçu du reportage

Dans le reportage, on voit des camionneur·euses, principalement des pays de l’Est, qui doivent se sacrifier, ainsi que leur vie familiale, pour un salaire de misère et de mauvaises conditions de travail. Tout cela pour le profit de grosses entreprises qui arrivent à mettre en concurrence des travailleur·euses précaires et à détruire les emplois des plus petites compagnies de transport qui essaient de respecter les règles.

C’est par exemple un camionneur qui est sur les routes depuis 8 mois sans retour au pays, au mépris des réglementations, et avec un salaire de son pays d’origine ; des logements médiocres, trop petits et où il faut dormir dans la cuisine ; des menace ; etc.

« Pour moi, la manière dont Jost Group traite ses chauffeurs roumains, c’est de la maltraitance. Il n’y a pas d’autres mots. Et quand l’un d’entre eux n’était pas d’accord avec la façon dont il était traité, on le jetait dehors avec ses valises. Et il devait se débrouiller pour rentrer en Roumanie par ses propres moyens. », explique un ancien travailleur de chez Jost.

« Du moment que la marchandise arrive deux jours après avoir commandé sur internet, on ne se tracasse pas du chauffeur qui vient livrer, qui a commencé à 5h du matin. Et qu’il est encore en train de rouler et qu’il a mangé sa tartine en roulant. Tout le monde s’en fout. C’est un scandale ». Si même un policier le dit…

« Le groupe Jost continue à faire venir des chauffeurs roumains en Belgique par avion tous les 15 jours. Ces gens touchent un salaire de 400€ plus environ 1000 à 1500€ d’indemnités qui elles, sont exonérées de charges. Tout bénéfice pour l’entreprise Jost. Et qui c’est qui trinque ? La sécurité sociale !  » dénonce la CSC

Dans le reportage, on y voit également des travailleur·euses et des syndicats qui se battent et qui ne se laissent pas faire. Force et soutien à elles et eux !

Les liens avec les grandes plateformes d’e-commerce

Les grandes plateformes, comme Amazon et Alibaba, posent des problèmes spécifique dans le domaine du transport.

Sous-traitance

C’est notamment leur recours à de la sous-traitance et/ou à des sous-status, alors qu’elles sont de plus en plus en position monopolistique. La pression sur les chauffeurs est maximale.

Cet article sur les grèves des travailleurs et travailleuses d’Amazon en Italie explique assez bien les problèmes spécifiques des chauffeurs. L’auteur considère que les conditions de travail sont encore pires que dans les entrepôts1https://www.contretemps.eu/greve-amazon-italie-travailleurs-syndialisme/:

« Il est encore plus difficile d’être chauffeur que d’être employé dans un centre de traitement des commandes. Tous deux doivent faire face à des rythmes de travail exigeants, à un contrôle constant et à un manque total d’autonomie. Mais les conditions des chauffeurs sont particulièrement précaires. En effet, si Amazon planifie et contrôle leur travail (en déterminant leurs itinéraires, leurs charges de travail, leurs horaires et leurs évaluations), elle ne les considère pas comme des employés et n’accepte aucune responsabilité à leur égard. »

« Au bas de la chaîne de commandement, les chauffeurs doivent faire face à l’exploitation la plus intense et à la plus grande « flexibilité ». Les entreprises de livraison externalisées les engagent par milliers pendant la haute saison. Ces entreprises sont mises en concurrence par Amazon, pour livrer plus et plus vite. Une pression qui s’exerce ensuite sur les chauffeurs.« 

« La barre de la productivité est relevée à chaque saison de pointe. Cela obligeles travailleurs à en faire toujours plus pour satisfaire les exigences de la direction et le contrôle numérique. Après la haute saison, la nouvelle norme de productivité est maintenue. Mais la moitié de la main-d’œuvre est licenciée et les autres doivent continuer à travailler à un rythme plus élevé. Selon les syndicats, « au cours des premières semaines de 2019, les chauffeurs d’Amazon livraient jusqu’à deux fois plus de colis par jour » que la moyenne du secteur.» »

Hyper-surveillance

Une autre manière de maintenir la pression sur ces types d’emploi pour les grandes plateformes, c’est l‘utilisation de leur puissance technologique. Elle sert à surveiller et exploiter encore plus les chauffeurs. Comme Amazon qui commence à installer des caméras intelligentes dans ses camionnettes aux USA pour surveiller les chauffeurs 2https://www.bbc.com/news/technology-55938494 :

« Le système dispose de quatre caméras haute définition qui peuvent reconnaître les «bonnes habitudes de conduite» comme les mauvaises. Une caméra pointe vers le conducteur, une sur la route et deux de chaque côté du véhicule. »

« L’appétit d’Amazon pour la surveillance ne connaît pas de limites. Cette surveillance intrusive et constante des employés crée un environnement de travail oppressif, méfiant et déresponsabilisant. Elle porte complètement atteinte aux droits des travailleurs. » Director of UK-based Big Brother Watch, Silkie Carlo.

Même chose chez les livreurs express en Chine

En Chine également, les livreur·euses express font grève face à la pression des plateformes, comme Alibaba. Ils dénoncent leur précarité et les difficultés de leur travail 3https://www.clb.org.hk/content/express-delivery-workers-protest-wage-arrears-singles-day-approaches :

« Les livreurs express sont confrontés à des problèmes très similaires à ceux des livreurs de nourriture. C’est notamment l’emploi informel, l’absence de sécurité d’emploi ou d’assurance sociale et des pratiques de gestion abusives. »

« [Après la crise sanitaire] Les sociétés de livraison express ont rapidement recommencé à baisser les prix pour gagner des parts de marché. Les entreprises ont également imposé des amendes plus élevées aux entrepreneurs qui ne respectaient pas les objectifs de livraison stricts. Et, comme de nombreux exploitants ne pouvaient pas se permettre d’embaucher du personnel supplémentaire pour atteindre ces objectifs, les amendes sont devenues inévitables. »

« En juillet, par exemple, le propriétaire d’un point de livraison ZTO Express à Fuzhou a été contraint de fermer après un peu plus d’un an d’exploitation en raison des pénalités constantes qui, selon lui, pourraient atteindre 30 000 yuans par mois. »

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